22 juin 2009
LEARNING TO LOVE YOU MORE Project_GoodBye

http://www.learningtoloveyoumore.com/reports/70/lamery.php
;-)
30 juillet 2008
AVANT/APRES
La legende des photos dit que
les femmes dans la photo inferieure on ete tuees, apres quoi on les
voit sur la photo superieure (El Pais, 14 Juillet 2008). Cela me fait
toujours bizarre de regarder la mort photographiee. Elle est d'habitude
vide d'humanite, obcene, desarticule, cassee.
Et pourtant, un
trouble se degage dans mon esprit quand je regarde ces deux images,
mi-voyeuse mi-fascinee, comme si la vie et la mort ne pouvaient etre
donnees a voir avec le meme medium (une simple photo). Ou bien?
La
vie et la mort des memes individus. Avant et apres, vivants,
morts-comme une copie macabre des pubs pour produits de beaute. Des
memes individus non-donnes a voir car deja occultes, effaces. Des memes
non-individus quelque part dans l'axe du mal. Ha.
On ne les voit
pas, ni avant, ni apres. Ces femmes ce sont des non-images, que les
photos ne peuvent donc nous montrer que dans le leurre, et donc une
certaine negation de leur profondeur. Et pourtant, on les a
photographiees. Qu'on voie comment c'est terrible. Qu'est ce que cela
nous dit?
Il y a pourtant un trouble: "avant", "apres"....on
ne peut alors s'empecher de penser au "entre". Dans ce bout temps entre
les deux, il y a un recoin pour l'humain, et au dela des pixels et des
voilages on peut enfin les retrouver: qu'est ce que ca fait de savoir
qu'on va surement mourir? que dans quelques instants tout sera fini?
fini. fini.

C'est la precisement, entre les deux images, dans ce
temps qu'on ne voit pas, qu'on n'a pas vu ni vecu, ce temps ou se passe
leur terrible angoisse que voilent les burkas,que ces femmes cessent
d'etre anonymes, qu'on les rencontre finalement, et que toute la
violence de ces images aveugles se deploie, dans toute son horreur.
Leurs histoires leurs fatigues leurs rires leurs enfants leurs pertes. Fini.
25 juin 2008
1 litre achete, 10 litres puisés
Ou comment laver sa conscience de consommation absurde dans de l'eau très pure
Merci Volvic!
28 décembre 2007
OPG-Organisation Para-Gouvernementale
Sur un ton plus serieux et moins personnel, au dela des envies, il est difficile de ne pas se poser la question de ce que on fait ici, petits soldats de l'humanitaire, insignifiants, depenseurs de l'argent de la culpabilite occidentale, pourvoyeurs des services et des emplois aux acteurs locaux, sauvant quelques enfants qui mourront le lendemain. L'humanitaire n'est rien qu'un business comme les autres. C'est quand il tourne en rond dans son ineficacite, quand il devient arrogant, cherchant a justifier sa propre presence, ou serviteur des volontes d'autres puissants, qu'il devient pitoyable.
Ici, cela fait trois ans que les refugies sont rentres, de la main du HCR, au village (ou ce qu'il en reste) a quelques km, de l'autre cote des frontieres de la foret deforestee. Et avec eux, l'interet des medias et les financements des bailleurs, parce que comme vous savez, seule la mort Vend, et Bouge les coeurs et les portefeuilles.
Rien n'echappe au Politique: rester, partir. Ils ont sauve quelques vies, oui, ceux la meme qui continuent dans la survie aujourdhui, de retour la bas, ou refusant de partir, encore ici. Celle que la survie a rattrappe depuis, la survie, laide, celle des trois tiers de la planete. Donc pourquoi ici et pas ailleurs? ils devraient etre partout! partout! La vieille bonne pauvrete et ses cercles vicieux, les maladies, la mort inutile des innocents par malnutrition, l'eau sale ou inexistante, les etats defaillants ou meme tyraniques, le travail sous un soleil de plomb aux champs de plus en plus affectes pqr le detraquement climatique. Les manques, tous les manques. Mais il faut rester. Les besoins sont la. On va tout changer. On peut changer les choses. On peut changer le monde...Ah! Mais ils sont aussi la bas, puis encore la bas, et plus loin. Pourquoi ce village et pas son voisin? Pourquoi ce pays, cette region, ce continent?
Les toubabs entetes, pantins des bailleurs et complaisants dans leur role (les gentilles) veulent garder leurs salaires et leur croyance en un monde meilleur grace a eux...ils apportent le savoir, vont apprendre aux gens comment se laver les mains, comment travailler leur champs, comment faire des puits. Vont apporter les traitements pour la malnut, vont tout sauver. Ils vont sauver l'Afrique d'elle meme, et leur ame par la meme ocasion. Ca s'appelle un partenariat. Le mot est a la mode, ici ou les modes recyclees finissent leur vie, comme des vehicules de seconde main, des fringues de seconde main. Au continent des importations Chinoises, ou rien n'est construit ni produit, la ou l'economie est sous perf, le partenariat est le mot d'ordre, pour la survie de tous. Et le gouvernement trop content, de voir ces toubabs fous et sots (qui ecoutent si attentivement aux reunions) faire son travail a sa place. Et il demande parfois des generateurs, des laptops, du carburant. Vous voyez, c'est dans le cadre de notre partenariat relatif aux activites nutritionelles. Ah bon. Ah il faut aussi prendre en charge les personnes vivant avec le VIH, les enfants de meres seropositives. Les repas des meres des enfants malnutris a l'hopital. Ne reste alors que la langue de bois. Ma maitrise en est faible encore. Ma patience est faible encore.
Les villageois ne disent pas non a un forage, les societes d'outillage et creusage non plus, les dealers en carburant non plus. Les femmes diront pas non a des ateliers de nutrition avec nourriture gratuite. Parce qu'on leur apprend a cuisiner pour que leurs enfants reprennent du poids. Ca marche, ils reprennent du poids. Puis on arrete, on s'en va, et tout redevient comme avant. Mais ca on ne veut pas le voir, on est trop occupes a chercher les prochains financements. Dans 5 ans les forages seront gates, les vieilles habitudes alimentaires reprises, la monoculture qui esclavise continuee, la secheresse avancee.
12 ans de presence humanitaire, de bailleurs de la Banque et tout le tralala, et aujourdhui 90 femmes sur 1000 meurent des raisons liees a l'accouchement. Cela fait presque 10%. 50 ans de cooperation internationale, d'independance!
Ce pays souffre les memes problemes structurels que le reste du continent, et de la decoule le reste. Et cela ne changera pas, simplement parce que il ne convient pas que cela change. Pourquoi s'obstiner? Cet etat pourrait utiliser les ressources de la perf annuelle du GrandBailleur, si seulement il avait qqchose a faire des gens qu'il a massacres lors des evenements de janvier-fevrier 07. C'est pas le cas. Toubabs du monde entier, arretez de vouloir sauver des vies, rentrez chez vous. La misere est partout, puisque vous en avez tellement besoin, sachez la voir chez vous.
Certains toubabs sont tellement cons dans leur mission salvatrice et redemptrice, qu'ils finissent par perdre la tete et kidnapper des enfants orphelins des guerres deja oubliees. Les etats defaillants jouent sur le passe et les richesses de leurs terres pour manipuler le systeme qui viole leurs populations et remplit leurs poches, jusqu'au prochain coup d'Etat. 103 millions d'euros un par enfant. Ruses, ces Chadiens. Faut bien qu'ils financent leur guerre avec le Soudan...
Il faudrait quoi, alors?
Deja, la volonte politique. Puis une certaine justice a l'OMC. La protection des marches africains. Leur creation d'abord, epitt a petit. La fin des mafias de traffics d'or, diamants et autres pierres. Des investissement prives, petits et grands, de 'etat, des la societe civile (mais sans corruption!) des produits manufactures,de la creation de valeur ajoutee, au niveau local, national. Pour cela, de l'education de base mais aussi l'apprentissage d'un metier, un vrai. L'apprentissage de la citoyennete, du respet de soi meme. Et puis l'arret des arrangements geostrategiques nuisibles aux humains, l'arret de l'hipocrisie internationale et son indigne diplomatie.
Ca fait bcp pour des simples toubabs bien intentionnes.
Kissi, 28 Dec07
19 septembre 2007
Musée du Quai Branly, Paris, France

Après un non-lieu ("Le Petit Chateau") , voici un méga-lieu de révélation humaine, pas des "autres", comme il se revendique, mais de nous mêmes...
Deçue à l'extrême en le découvrant, je revins a ma joie d'anthropologue toujours en quête en découvrant sa librairie annexe, lieu alucinant où on Consomme l'Autre de cette façon qui nous est si chère, une des dernières que nous connaissions: l'achat. Le don, le contre don...vous savez...!
Comme si, par le rituel du code PIN sur la machine, on pouvait, à l'instar des guerriers d'un autre âge, s'approprier l'Autre, avaler sa "sagesse", sa beauté, son exotisme, son mystère, si joliment mis en cages, mis en scène, (des papillons poussieureux) de l'autre coté du batiment.
Un grand moment d'Anthropo, après tout! :-)
Ce Musée réussit sans le savoir, dans sa boutique annexe, à montrer délicieusement ce qu'il rate scandaleusement dans ses belles salles mal eclairées couvertes de beau cuir souple: la façon dont les humains que nous sommes donnont sens, construisons (et apprivoisons), ces autres humains qui nous entourent, et qu'on classe comme "Autres"...
03 septembre 2007
3M Bleu

Narcississimes, je sais...mais bon, elle est belle, non?
24 août 2007
Little boxes on the Hillside
Little boxes all the same.
There's a green one and a pink one
And a blue one and a yellow one,
And they're all made out of ticky tacky
And they all look just the same.
And the people in the houses
All went to the university,
Where they were put in boxes
And they came out all the same,
And there's doctors and lawyers,
And business executives,
And they're all made out of ticky tacky
And they all look just the same.
And they all play on the golf course
And drink their martinis dry,
And they all have pretty children
And the children go to school,
And the children go to summer camp
And then to the university,
Where they are put in boxes
And they come out all the same.
And the boys go into business
And marry and raise a family
In boxes made of ticky tacky
And they all look just the same.
There's a green one and a pink one
And a blue one and a yellow one,
And they're all made out of ticky tacky
And they all look just the same.
Malvina Reynolds, "Little Boxes", 1962
20 janvier 2007
Shame on us

Un petit coup de gueule, cette fois-ci.
Zinder, Niger, été 2006. Une jornaliste arrive, chercher des confirmations à ses a priori sur l'Afrique. Encore une fois, un journaliste se surpasse en présentant une situation humaine complexe.
son article, a voir aussi dans liens:
http://www.guardian.co.uk/g2/story/0,,1886056,00.html#article_continue
Bon, LaMery était là. Par le hasard des choses, LaMery travaillait pour cette ONG qui l'a accueilli, pour qu'elle puisse aller documenter la misère. Servir d'interprète, lui faciliter son travail, l'accompagner à la recherche de misère fraîche, prete a manger, pour les consommateurs du Nord.
Seulement, elle a oublié quelques petits détails, qui ne rentraient pas dans le cadre strict des stéréotypes occidentaux sur l'Afrique en déchéance. Ella oublié de vous raconter ce que ces femmes pensaient de nous, nous qui venions soudainement, avec pour seul passe-partout nôtre couleur, leur demander des questions intimes sur leurs enfants morts, sur les km de marche pénible sous le soleil, leurs amies mortes en couches...nous qui venions dans leurs salles d'accouchement regarder entre leur jambes, dans leurs salles de repos post-partum, ou tandis qu'elles attendaient une ration alimentaire pour leur enfant malnouri.
Elle a oublié. Elle ne leur a pas demandé. Elles n'étaient alors que des objets d'étude, des statistiques. combine d'enfants? combien de morts? quelle age as-tu? accouché a la maison?
Fallait bien documenter leur souffrance! que deviendrait l'Afrique, sinon, dépossédée de son rôle de continent victime à la dérive? serait-il alors intéréssant? vendable?
LaMery a ressenti, alors, de la honte. LaMery regardait par terre, leschats et les ordures des couloirs, fuyait les regards absents, les pieds dans le plat de l'intimité de ces femmes, forcée à y penétrer. Difficile à expliquer. Tout ça, pour un tel article plein de lieux communs et de chiffres repetés à satieté par les différents médias et acteurs du dévéloppemment, tous aussi incapables les uns que le autres d'y rémedier. Tout ça, pour ne rien apprendre véritablement sur ces femmes.
LaMery avait honte. De cette intrusion. D'être blanche, d'être là, de devoir traduire pour cette journaliste avide, s'efforçant d'adoucir les questions incessantes, intimes, prédatrices, réductrices d'une réalité qu'on devinait plus complexe, faite d'autre chose que des manques. Honte de son manque de tact, malgré sa gentillesse. A la fin, quelle relation a-t-on noué avec ces femmes? que savons d'elles de plus aujourd'hui? Leur a-t-on demandé quelle était leur avis? sur nous, sur cette demande d'info intime, cette intrusion. Leur a-t-on jamais demandé sur leurs réseaux sociaux et familiaux, sur ce que cela voulait dire d'etre mère pour elles? ou sur leur vue à propos d'accoucher en silence? sur la douleur? sur la perte? sur leurs deuils? sur leurs espoirs?
Se sont-elles demandées pourquoi on ne s'intéréssait pas à leurs espoirs ou à leurs joies? Carte blanche pour les blanches, prédateurs de souffrance.
Pensez à des inconnus, venus d'un autre pays, vous parler de vos enfants morts, prenant des notes sur un calepin. O bien regardant entre vos jambes, à l'improviste, lors de votre acouchement. Mais quoi!!? Faut bien documenter!
SHAME ON US
Encore un journaliste qui, par sa banalité, son réductionisme et son manque d'intérêt vrai pour ce qu'elle donne à voir, me pousse à vouloir raconter ma version de l'histoire, des histoires, et à provoquer une autre sorte de réflexion, plus fidèle à la complexité de nôtre condition humaine. Si ça se trouve, je vais devoir leur dédicacer mon premier docu. Merde.
PS: vous voyez la photo? c'etait là, l'accouchement. Il venait de finir. Tout était propre et silencieux. Seule nôtre présence était incongrue. L'enfant est né sans problèmes, il allait bien, la mère aussi. Ca, je voulais vous le raconter. Puisqu'elle a oublié. Et parce que ce n'est pas toujours la mort qui gagne la bataille en Afrique.












